4 amis disparus

Il y a une année maintenant, la disparition de mon ami dans les montagnes himalayennes devenait une réalité. Dure réalité, inexplicable, inexpliquée, insoutenable, que j'ai encore aujourd'hui du mal à croire.
Pourtant, c'est un fait, même si la montagne n'a pas rendu ceux qu'elle a pris.

J'ai depuis quelque temps une image qui me revient souvent devant les yeux. 
Un alpiniste attend, debout là haut sur un sommet, faisant de grands signes comme pour saluer ses frères de grimpe. Et puis à chaque fois que l'on croit l'approcher, la silhouette disparait fugacement pour se retrouver sur un autre sommet. Attendant toujours. Sage. Comme pour dire, je suis là. Vous pouvez me voir, vous pouvez me deviner, mais vous ne pourrez pas me toucher. Je vous regarde vivre, sourire. Pour moi, le temps est joyeux, même si vous me manquez. Je suis heureux de vous voir aimer et être aimés. Je vous admire pour votre sérénité, votre courage de tous les jours, votre gentillesse. 
Vous me manquez, mais mes jours s'écoulent tranquillement. Je ne suis pas seul. Je sais que votre pensée est souvent près de moi. A défaut de la chaleur d'un corps, je sens votre âme qui me réchauffe dans cette immensité glaciale.
N'ayez pas peur de mon absence parce que je suis là, tout près de vous.

Cette silhouette s'estompe donc à chaque fois qu'on l'approche, mais c'est pour réapparaître un peu plus loin. Elle n'est jamais loin de moi, de nous. 

Cette image, si vous me connaissez un peu vous l'aurez deviné, c'est celle de mon ami Raph. Je ne distingue pas vraiment son visage, je ne reconnais pas son timbre de voix, mais je sais que c'est lui.

- Par didinath
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Communiqué de l'association Revenir du Népal

17 juillet 2007


Aujourd’hui plusieurs media ont indiqué notamment que nos amis étaient passés clandestinement au Tibet. Cette diffusion de fausses informations touche les familles et les proches, étant donné qu’elles avaient déjà été publiées par l’AFP et de nombreux autres  médias au moment de leur disparition. Le rétablissement de la vérité avait été fait dans un article de Montagnes Magazine de janvier 2007, tous les autres journaux se souciant peu de rectifier les fausses informations qu’ils avaient diffusées.

Nous tenons à rétablir encore une fois la vérité.

Les 4 alpinistes (Raphaël Perrissin, Vincent Villedieu, Jean-Baptiste Moreau et Stefan Cieslar) ne sont jamais passés clandestinement au Tibet. Ils sont restés au Nepal tout au long de leur séjour dans le Ganesh Himal. Ils ont suivi la vallée du Ganesh 5 (Nepal) pour essayer de gravir un sommet de 6300m proche de celui ci. Ce sommet a été à tort nommé Ganesh 7 sur une carte peu précise qu’ils avaient achetée au Nepal avant leur départ vers la région du Ganesh Himal. Après les recherches il a été prouvé que les 4 alpinistes n’ont jamais quitté le Nepal jusqu'à leur mort due à une avalanche. Ils n’ont jamais eu la moindre intention de passer au Tibet.




- Par didinath
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Grenoble, ville que je ne connaissais pas et que peut-être je ne reverrais jamais. Grenoble, samedi 9 décembre 2006 après un trajet en train depuis Paris qui m'a semblé une éternité.
Meylan, Notre Dame de Plaine Fleurie, jolie nom pour une église où se déroule une cérémonie chargée d'émotion. La famille, les amis, toutes ces personnes venues parler à Raphaël, de Raphaël. Des larmes plein les yeux et qui coulent sur mes joues tremblantes. La dignité de tes parents, la douleur marquée sur le visage de Thomas, la voie tremblante de tes amis. Ton sac à dos et ta photo devant l'autel. Ta présence dans nos esprits, presque le son de ta voix qui résonne.
Meylan, cette salle paroissiale où tu es encore présent par toutes les photos que tes proches ont rassemblées, par ce diaporama où nous te voyons sourire et dans lequel sont glissées des photos du Ganesh, par ces textes qui tous témoignent de ce que tu étais, un être joyeux, assoiffé de lecture, amateur de bonnes bouffes, un peu maniaque côté rangement, un ado quelques fois difficile à vivre et à comprendre mais qui avait su devenir un homme apprécié de tous, un tonton émerveillé par un bout de chou.
Et ce texte de Carole qui nous dit combien l'attente a été longue et difficile avant de se rendre à l'évidence de votre disparition, qui nous dit comment elle a retrouvé des traces de votre ascension. Carole qui a été marquée par la découverte de votre tente et des paires de baskets qui attendaient de redescendre.. Ce vide qu'elle ressent, nous sommes nombreux à le ressentir, certainement chacun de façon différente, mais ce gouffre est là. Comment passer sur l'autre rive ?
 
Je n'ai pas eu le courage de m'avancer vers ta famille pour leur dire tout mon soutien, pour leur dire combien je suis triste, leur dire que j'aimerais faire beaucoup pour pouvoir les aider et être avec eux s'ils le désirent.
J'ai arpenté les rues de Meylan puis celles de Grenoble en imaginant que tu y étais passé si souvent et si peu de temps avant ce jour. J'ai regagné la gare en laissant derrière moi des traces de mon ami Raphaël.
Je suis repartie vers Paris. Dans ce train qui roule dans la nuit, j'ai l'impression à mon tour d'abandonner mon ami.
Vous, parents et amis, sachez que je suis avec vous par la pensée à chaque instant. Si je peux faire plus, je serais là aussi.
- Par didinath
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Raphaël me manque comme il vous manque aussi.
Je voudrais partager avec vous ce week-end que pour lui dire au revoir. J'aimerais vous entendre parler de lui pour être certaine de le connaître autant que vous. J'aimerais partager votre peine et que vous partagiez aussi la mienne. Mais je ne vous connais pas et vous ne me connaissez pas non plus, alors j'ai peur de ne pas avoir ma place parmi vous.
Je serais triste loin de ce chalet qui vous accueillera tous, loin de ses amis, de sa famille. Mais vous savoir tout réunis pour parler d'eux avec des mots tendres et doux me réchauffera le coeur. J'espère que vos visages s'illumineront parfois avec un sourire et un oeil pétillant en mémoire de tous les moments que vous avez partagés, des soirées de franche rigolade, des soirées arrosées, des sorties à pieds, en ski, en vélo, des sorties en montagne, de la vie, de votre vie, de leur vie, quoi !
 
Moi, je penserai encore un peu plus à Raph, même si tous les 4 ne forment plus qu'un seul groupe à tout jamais.
J'ai croisé Raph par hasard sur les chemins du monde il y a un peu plus de 3 ans. Nous avons partagés là-bas des journées riches en découverte et en émotion. Nous avons parlé de tout et de rien, nous émerveillant de tout ce qu'il y avait autour de nous pour en garder une image forte, des images qui n'appartiennent qu'à un moment précis. Ces images sont toujours présentes dans ma tête et elles ne peuvent pas s'estomper. Depuis cette rencontre nous avons échangé des tranches de vies, des morceaux de périples. Aujourd'hui, nos échanges me manquent. Il y a un vide que je ne peux pas remplir.
 
Je ne serai donc pas avec vous ce week-end, mais  tout de même très présente par la pensée. Je vous adresse toute mon amitié sincère, vous souhaite autant de courage qu'il m'en faut à moi aussi. J'aurais aimé vous connaître un peu plus, et en d'autres circonstances.
 
Mes pensées sont agrippées à la montagne. Dès que mes paupières se ferment, mes yeux scrutent les pentes neigeuses pour apercevoir 4 points noirs. Je ne vois rien. Les corps sont sûrement tombés, mais les 4 âmes se sont accrochées là où les mains n'avaient plus de prise. Elles contemplent le monde, nous regardent, nous sourient et nous disent qu'elles sont heureuses tout là-haut. Sourions à notre tour de les savoir heureux.
- Par didinath
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Cet après-midi, l'église Saint Luc était trop petite pour accueillir toute sa famille, tous ses amis. Nous étions tous réunis dans ce lieu où il n'était pas. Simplement une photo des 4 loulous à jamais disparus, mais pour toujours dans nos coeurs.  Et puis cette pensée que peut-être il nous regarde de là où il est, en essayant de nous dire qu'il ne faut pas être tristes, qu'il faut continuer à vivre comme nous le faisions avant, à rire, à s'émouvoir, à partager.

Ses amis ont parlé de lui avec beaucoup d'émotion, de sanglots dans la voie et de larmes dans les yeux. Aujourd'hui, c'est à Jean-Baptiste que nous avons rendu hommage. Sans vraiment lui dire au revoir, mais en pensant très fortement à lui.

Nous ne t'oublierons pas.

- Par didinath
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